S’il est vrai que nous ne rêvons pas tous d’être riches, il est encore plus vrai que tous, nous rêvons d’être libres financièrement. Contradiction? Non, car liberté financière ne signifie pas forcément être riche. La liberté financière implique tout simplement le fait d’avoir suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins sans casse tête, se faire plaisir, s’offrir un voyage… sans que cela ne nuise au budget trop serré du mois. Mais, à moins d’être né dans une famille riche, cette liberté financière s’acquiert. En effet, elle s’acquiert au bout de nombreux efforts, d’une éducation financière. Dans les familles, peu importe les moyens économiques, on essaie, d’une façon ou d’une autre, d’inculquer aux enfants l’envie d’aller plus loin, l’envie d’avoir plus, beaucoup plus d’argent. S’il est vrai qu’il est beaucoup plus simple, beaucoup plus facile, dans les pays développés et stables, de faire un plan et de s’y tenir pour atteindre la liberté financière, qu’en est-il d’Haïti ? Par quels moyens un(e) haïtien (ne) qui vit en Haïti peut il atteindre la liberté financière ? La situation du pays ne fait elle pas de ce concept une simple utopie !?

En Haïti, le schéma le plus répandu qu’on nous enseigne dans la famille en passant par l’école et ensuite l’église, c’est de travailler dur pour avoir de bonnes notes à l’école, intégrer une faculté, trouver un emploi et encore travailler dur pour le garder jusqu’à la retraite. Et ce schéma sera transmis et répété durant plusieurs générations. Le monde est en constante évolution et de là il devient de plus en plus difficile d’obtenir une quelconque liberté financière avec ce schéma qu’on s’obstine pourtant à enseigner en Haïti. On s’accorde pour dire qu’atteindre la liberté financière nécessite non seulement une éducation et une discipline financière, mais surtout plusieurs sources de revenus. Alors qu’en Haïti, trouver un emploi stable relève du parcours du combattant, est il possible d’avoir plusieurs sources de revenus. Il est tout d’abord important de déconstruire le schéma susmentionné.

Sans diminuer, encore moins nier la valeur, l’importance de l’école, de l’instruction et de l’éducation, il faut noter que nombreux sont les riches célébrités qui n’ont même pas terminé l’école classique. Atteindre la liberté financière nécessite seulement deux conditions, pouvoir générer du profit avec ses activités et savoir bien gérer les profits obtenus. En Haïti, malgré les nombreuses difficultés, il est possible d’avoir une liberté financière. Imaginez quelqu’un avec un travail stable, le fameux 8h-4h, avec ses économies il crée une activité, puis une autre. Si ces activités lui générent des profits, il pourra atteindre la liberté financière. Prenons un exemple pour être plus explicite : une jeune femme avec un fameux 8/4, grâce à ses économies elle achète des produits et les revend au détail. Puis avec les profits de cette deuxième source de revenus, elle commence à vendre des perruques. Le weekend elle fait des tresses à domicile. Au fur et à mesure des profits elle investit son argent dans des domaines rentables. Ces sources de revenus combinées pourront lui permettre d’avoir une liberté financière.

Quand on reste dans le contexte haïtien il est important de prendre en compte les troubles socio politiques. En effet, est il possible de faire des économies et profits de manière durable quand plusieurs fois par année les troubles socio politiques mettent l’économie à genoux. Et c’est là qu’il faut comprendre que pour commencer une activité, quelles qu’elle soit, il faut toujours prendre en compte tous les facteurs, tous les paramètres du milieu. Une activité rentable aux USA ou en Europe ne le sera pas forcément en Haïti. Pour mettre en place une activité quelconque en Haïti, il faut se demander quel est le besoin auquel je peux répondre dans tel milieu ensuite il faut trouver le moyen le plus adéquat pour fournir ce service. Aujourd’hui, avec la mondialisation et le développement d’internet, il convient d’envisager de plus en plus le digital comme moyen pour générer des revenus. Avec les outils du digital, tout peut être rentable, tout peut devenir une activité rentable. De nombreux nouveaux métiers apparaissent, les influenceurs, les professionnels du web deviennent incontournables. Plus besoin d’être à proximité pour être collègues ou pour exécuter un contrat de travail. Les entreprises, grâce au web, peuvent fonctionner 24/7 et vendre à travers le monde.

Il n’existe pas un schéma statique pour atteindre la liberté financière. A chacun ses domaines d’expertise, ses dons, ses talents et passions, qu’il peut utiliser pour générer des revenus. Il n’y a pas non plus un temps fixe et défini. Il ne s’agit pas d’une course. A chacun son rythme, ses opportunités, son timing. En Haïti, il est beaucoup plus difficile d’atteindre la liberté financière, mais ce n’est pas impossible. Il faut avoir plusieurs sources de revenus et à l’heure actuelle, l’innovation, la création, les nouveaux modes de consommation doivent être pris en compte.