La pollution est partout, même sur les réseaux sociaux. Les crises socio-politiques semblent faire l’affaire de plus d’un, et particulièrement celle des (soit-disant) médias en ligne qui ne cèssent de se multiplier comme des mauvais herbes, sans bases légales, sans mission ou vision particulière. Ils portent des noms peu conventionnels dont le sens, l’étymologie, la signification, les valeurs même laissent à désirer (Mache Prese TV – Machann Zen Haïti – Jako Repèt Média – San Fòs Kote TV – DC 509 – Gade Fodo – L’oeil Info Pro).

Pourquoi cette agglomération de détritus sur les réseaux, en particulier sur Facebook et Youtube? Quel but se propose d’atteindre un vrai média de diffusion de contenu, et déjà comment peut-on parler de média en ligne? Pourquoi ils se multiplient à un rythme si effréné? L’ensemble de ces interrogations feront l’essence de cet article.

Absence d’originalité

Par définition, un média est un ensemble de moyens d’information et de communication. Cependant, si les médias traditionnelles brillent par leur fiabilité et par leur diversité, les média en ligne ne font pas bonnes figures de par les contenus qu’ils diffusent. En effet, nous assistons à un plagiarisme de premier ordre et à une absence totale d’originalité lorsqu’il s’agisse de ces mascarades que nous retrouvons sur les réseaux sociaux. Ces média ne font que reproduire, que recopier ce qui a été transmis sur d’autres stations de radio ou de télévision soeurs, sans attributions, sans citer de sources sûres, sans même donner les crédits à qui de droit en bonne et due forme. Ainsi, nous revoyons en boucle les mêmes vidéos, les mêmes images sur la quasi totalité de ces canaux de diffusion, d’où leur pollution.

Tout pour les Views et pour l’argent

Avec la possibilité de monétiser sa Page Facebook ou sa Chaîne Youtube, la pullulation des média en ligne devient un problème criant. Monétiser une Page ou une Chaîne, c’est accepter de la publicité à travers ses contenus provenant de commanditaires de tout horizon. Cela permet aussi de se faire une petite fortune au fur et à mesure que la Page grandit, suivant le nombre de Views ou le nombre d’heures de visionnage accumulés. En seulement quelques clics, n’importe quel utilisateur lambda peut créer une plateforme de diffusion de contenus sur Facebook, Youtube, Tiktok, Twitter, Instagram – parmi les plus populaires – et par la suite, intégrer les programmes de Monétisation. De ce fait, s’approprier des contenus originaux d’autrui sans permission dans le seul but de gagner plus de Views et de Followers, pour s’arroger du titre de « média en ligne » fait l’affaire de tout le monde. Tout le monde se fait Journlaiste sans connaitre les bases réelles et fondamentales du métier. Tout le monde veut avoir son propre média, sans créer des contenus originaux, sans élaborer des programmes divers de sensibilisation, d’apprentissage ou de divertissement.

Dès lors qu’un projet se forme dans notre esprit, quel qu’en soit le type, il faut penser à choisir un nom propre qui le caractérise. Il faut aussi étalblir une feuille de route, la mission et la vision qui vont l’accompagner sur plusieurs années. Le nom en dit toujours long sur les valeurs acquises ou véhiculées. Peut-on donner à sa première fille chérie le nom de « Pitit Sòyèt Charles »? Dans ce même d’idées, plus le nom est significatif, plus la reconnaissance est grande. Il faut en finir avec ces média du sicècle présent qui n’ont aucune originalité, qui contribuent à salir l’image d’Haïti. Les Machann Zen, Les Mache Prese et compagnie, ne sont pas bénéfiques pour notre pays.